Citation du Dimanche : Les Vieux Fourneaux

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J’ai reçu il y a quelques jours un bon conseil BD. J’ai donc lu les trois premiers tomes de Les Vieux Fourneaux parus aux éditions Dargaud.

Créé par Lupano et Cauuet, elle narre les aventures de Pierrot, Mimile et Antoine trois septuagénaires bien décidés à se faire entendre avant que la vie, ou plutôt la mort, ne les rattrape.

Evidemment, pour que Les Vieux Fourneaux fonctionne il fallait qu’ils croisent une personne d’une autre génération. Il s’agit de Sophie, la petite-fille d’Antoine. Et cette dernière n’est pas toujours tendre avec ses aînés.

Votre génération est à l’origine de tous les fléaux du monde moderne ! La mondialisation, l’ultralibéralisme, la pollution, la surexploitation, l’agriculture extensive, les paradis fiscaux, la communication ! Tout !

Cela fait beaucoup pour la génération soixante-huitarde que Les Vieux Fourneaux met en scène. Les trois compères se retrouvent pour les obsèques de Lucette la femme d’Antoine. Enfin, après les obsèques, le temps que Mimile trouve un costard à enfiler lorsque Pierrot vient le chercher à la maison de retraite.

Arrivés à un âge où ils ont déjà presque un pied dans la tombe, ces dernières années sont leur baroud d’honneur. Il leur reste encore quelques années à traîner encore un peu sur Terre, et ils sont bien déterminés à le faire avec style.

Dans le premier tome, on suit le parcours des trois compères et de Sophie alors qu’Antoine se retrouve seul après le décès de Lucette. Une situation d’autant plus difficile à gérer que Lucette a laissé une lettre à Antoine où elle lui fait des révélations sur le passé.

Les Vieux Fourneaux, une comédie sociale subtile

Cela va emmener cette fine équipe dans un road-trip atypique. Avec 3 types presque grabataires et une jeune femme enceinte dans un vieux J5, l’allure est lente. Et les pauses-pipi sont fréquentes.

Les Vieux Fourneaux  c’est aussi une comédie sociale. Pierrot et Antoine ressassent leur lutte des classes tandis que Mimile qui a parcouru le monde, parle de ses voyages.

Il y a beaucoup de tendresse bien sûr pour cette vieille génération. Avec le personnage de Sophie on a aussi une mise en perspective sur ce que leur génération a raté. Comme elle l’affirme dans la citation ci-dessus, le monde leur a échappé.

Un parti-pris qui fait du bien alors qu’aujourd’hui c’est sempiternellement la jeunesse qui est pointée du doigt pour la situation de la société. Pourtant, la jeunesse n’est pas la cause mais plutôt un symptôme.

 

Tout cela est dit cependant avec subtilité et délicatesse. Plutôt que de mettre ces générations face à face, Les Vieux Fourneaux les met côte à côte avec l’ambition de faire de la société un monde qui soit un peu moins mauvais.

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