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Citation du dimanche : 1984 de George Orwell

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Lorsqu’on pense à des livres dénonçant la tyrannie et l’oppression, deux ouvrages viennent à l’esprit, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, et 1984 de George Orwell. Le second date de 1949 et a évidemment été écrit en réaction aux régimes totalitaires Nazi de l’Allemagne et Communiste de l’URSS.

Dans 1984 comme dans ces deux régimes d’oppression, il n’y avait plus de place pour l’individu, ni pour les relations humaines. La seule filiation, la seule relation, est avec le régime qui gouverne à la vie de tous.

We have cut the links between child and parent, and between man and woman. No one dares trust a wife or a child or a friend any longer. But in the future there will be no wives and no friends. Children will be taken from their mothers at birth, as one take eggs from a hen. The sex instinct will be eradicated. Procreation will be an annual formality like the renewal of a ration card. We shall abolish the orgasm. Our neurologists are at work upon it now. There will be no loyalty, except loyalty towards the party. There will be no love, except the love of Big Brother.

Quel programme ! Mais 1984 c’est aussi le monde de la police de la pensée qui n’est pas sans rappeler le politiquement correct qui est roi dans sur les réseaux sociaux où la foule peut juger, condamner et lyncher médiatiquement un internaute pour une pensée parfois simplement non conforme, ou parfois scandaleuse, mais dans tous les cas est-ce son rôle ? Même s’il faut bien avouer que parfois, en réfléchissant un peu, on peut s’éviter de prendre des taquets en ligne.

Néanmoins ces réactions dangereuses peuvent compromettre ce qui est une des libertés les plus chèrement acquises au cours des siècles, la Liberté d’expression. Il ne s’agit pas évidemment d’injurier, d’outrager, ou de remettre en cause des faits historiques comme par exemple le négationnisme de la shoah. Mais il convient d’accepter des opinions différentes, même si en notre for intérieur nous les considérons comme scandaleuses ou rétrogrades.

Accepter le débat contradictoire

Dans 1984 évidemment, pas moyen de penser en dehors de ce qui est édicté par le parti et Big Brother. Le système est encore plus vicieux puisque l’histoire y est constamment révisé afin de ne jamais mettre en porte-à-faux la classe dirigeante d’Oceania. Se souvenir du monde d’avant peut suffire alors à avoir des pensées blasphématoires.

C’est l’une des libertés majeure vraiment opprimée de la population dans 1984 avec l’amour et la procréation. Mais ces dernières sont moins des libertés que des instincts naturels. Voilà qui devrait aujourd’hui encore donner à réfléchir, tolérer que des personnes ne pensent pas comme nous et accepter le débat entre des avis contradictoires, que l’on ne voit dans 1984 dans les échanges entre Winston et O’Brien.

Certainement bien plus enrichissant pour ceux qui y assistent que les monologues entendus à longueur de journée aujourd’hui auxquels les auditeurs/téléspectateurs aiment acquiescer. Un confort intellectuel dangereux qui ressemble aux prémices d’un monde orwellien.