Light of my Life : les femmes, ce phare qui guide les hommes

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Le nouveau film de Casey Affleck Light of my Life sort demain, mercredi 12 août, sur les écrans de cinéma en France. Dans ce nouveau long métrage d’une durée de 2h05, le réalisateur qui tient également le premier rôle de ce film nous montre les obstacles que doivent franchir un père et sa fille dans un monde où toutes les femmes, ou presque, sont mortes à cause d’une mystérieuse maladie.

Tout commence presque normalement. On découvre un père, dont on ne connaîtra pas le prénom, et sa fille, surnommée Rag, qui passent la nuit dans leur tente dans les bois. Le père essaie tant bien que mal de raconter une histoire à sa fille. Il s’emmêle un peu les pinceaux, mais sous le regard de sa fille amusée arrive quand même à la fin de son histoire avant de s’endormir.

Pourtant pour ces deux là, cela n’a rien d’une sortie de camping comme les autres. Dans le monde ravagé dans lequel ils vivent et où les femmes ont quasiment disparues, une fille comme Rag, qui n’a pas encore atteint l’âge de la puberté, attise toutes les convoitises. Des convoitises auxquelles on ne souhaite guère penser, mais qui existent bel et bien.

Le rôle du parent, protecteur et préparant ses enfants à l’avenir, en exergue

« En créant ce monde, j’étais traversé par les préoccupations d’un parent. Comment protéger son enfant de tous les dangers du monde et comment le préparer à s’en protéger ? Comment lui laisser un peu d’indépendance dès lors que le danger est omniprésent ?« , confie Casey Affleck.

Mais le père a bien du mal à s’acquitter de ces deux rôles. De protecteur, il passe son temps à fuir les obstacles et les risques pour ne pas avoir à les affronter. Ce doute quant à ce rôle de protecteur est exprimé au début du film quand Rag demande à son père la différence entre la morale et l’éthique.

Celui-ci prend alors l’analogie du meurtre qui n’est pas moral, mais qui dans certaines circonstances peut s’avérer éthique s’il s’agit selon lui de protéger d’autres vies. Comment ne pas entendre là le doute qui le ronge, celui d’être prêt à tuer pour protéger sa fille et qui le pousse ainsi à fuir sans arrêt.

Quant à préparer sa fille au futur et à se défendre elle-même, à part lui raconter des histoires le soir et lui expliquer comment faire, il ne fait pas grand chose de plus. Pourtant il sait bien qu’il ne fait pas ce qu’il faut. De passage dans une bibliothèque désertée, il cherche des livres pour bien éduquer sa fille.

Des filles qui doivent être défendues mais peuvent se protéger

C’est Rag qui va le pousser à changer sa manière de faire. Elle en a marre de fuir tout le temps et elle n’a pas peur. Quand elle découvre un vieux journal racontant le mort des femmes à cause de cette peste inconnue, ou quand elle découvre une femme et sa fille morte depuis des années dans une cave, elle ne se voile pas la face. Elle sait que parce qu’elle est une fille elle aura de grands dangers à affronter.

Finalement, avec Rag ils vont trouver refuge chez Tom. Celui-ci vit dans l’ancienne maison des grands-parents de son père. Pendant quelques temps, une vie de famille reprend forme dans ce lieu. C’est là l’autre thème fort qu’aborde ce film, le besoin pour les enfants de grandir dans un cadre familial avec deux parents qui lui apprendront chacun ce dont il aura besoin dans sa vie.

D’où l’importance tout au long du film des flashbacks avec Elisabeth Moss qui joue la mère de Rag. « la mère représente cette étincelle de joie manquante à laquelle Rag et Papa essaient de se raccrocher« , souligne Teddy Schwarzman, le producteur. « Le film parle de la manière d’élever soi-même un enfant et de la difficulté que cela représente. On n’est jamais le parent qu’on voudrait être cent pour cent du temps« , confie Affleck.

Et parfois on commet des erreurs, que le père admet toujours et essaie de réparer tout au long du film. On voit cependant Rag grandir au fil des 2h du film, de la petite fille qui veut qu’on lui raconte une histoire à celle qui n’a pas peur d’affronter le danger et de prendre ses responsabilités à sa fin. Elle prouve ainsi qu’elle mérite toujours d’être défendue, mais qu’elle sait aussi se protéger.

Au final, Light of my Life est un film d’une grande sincérité entre un père et sa fille qui essaient de s’épauler en l’absence de la femme qui leur manque. Anna Pniowsky dans le rôle de Rag joue avec subtilité et apporte une émotion forte, comme dans cette séquence où elle avoue ne pas avoir de souvenirs de sa mère.

Au final, que ce soit pour le bien ou le mal, les femmes guident toujours le comportement des hommes. A eux de savoir ce qu’est le bien !