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Si ma tante en avait, le 2e tome BD de San-Antonio est explosif

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Explosion à la nitroglycérine, explosion des sens, ça part dans tous les sens dans cette 2e aventure du commissaire San-Antonion d’après Frédéric Dard adaptée par Michaël Sanlaville. J’écrivais en 2018 sur la première adaptation, la jugeant réussie : « L’ambiance y est, les éléments principaux également. Il va maintenant falloir réussir l’arrivée des autres personnages récurrents dans les prochains tomes ».

C’était évidemment l’objectif de ce deuxième tome tout en offrant une aventure à rebondissements pour le lecteur qui ne connait pas forcément le célèbre commissaire.

Nous sommes cette fois en Bretagne, dans les Côtes d’Armor (ou Côtes du Nord pour les plus vieux) où San-Antonio a été muté par sanction. Il est toujours accompagné de l’inspecteur principal Alexandre-Benoît Bérurier et se fait profondément ch*** ! On le découvre en train de sermonner un jeune du coin pour un petit larcin où, au comble de l’énervement il vire celui-ci du commissariat en lui promettant de lui en mettre plein la tête s’il remet ça.

La panoplie des personnages s’étoffe

Evidemment ce n’est rien vu ce qui nous attend ensuite. La panoplie des personnages récurrents des 175 romans originaux s’étoffe avec l’arrivée d’Achille, dit le Vieux, alias le directeur de la police mais ici dans le rôle d’un sous-préfet de province aux répliques bien senties. On retrouve aussi Pinaud, alias Pinuche, aka Le Débris, son fidèle mégot à la bouche. Celui-ci est en train de vendre des accessoires sexuels de marque danoise au fin fond de la Bretagne. Et il y a aussi Marie-Marie, la nièce de Béru et future inéluctable de Sana.

Michaël Sanlaville réussit à amener tous ces personnages en respectant l’esprit de Frédéric Dard. Comme dans le premier tome, les citations mémorables sont légions, comme lorsque le Dabe déclare de son ton paternaliste « Voyons mon petit Sana, vous n’attendiez pas la reconnaissance de l’administration je suppose ? C’est une concasseuse l’administration ! Elle broie… Elle broie sans s’attacher à la qualité du produit, en réalité elle n’administre pas, mon petit : elle fait des pâtés« .

Michaël Sanlaville met sa griffe sur Si ma tante en avait

Sanlaville ajoute également sa patte en donnant un visage aux personnages bien connus des romans. Ainsi Pinuche ressemble étrangement à un Michel Blanc en fin de carrière, genre épave. Le Béru nationale rencontre Gertrude une tenancière de bar qu’il honore à la hussarde sur la table du café-restaurant. Celle-ci prend les traits de Brigitte Bardot. Pas un hasard, puisque dans les romans la régulière de Béru s’appelle Berthe Bérurier, une autre BB !

Evidemment au fil d’une BD de 92 pages, l’action se déroule à toute vitesse. Si c’était déjà le cas dans les romans, on sent moins les méninges du commissaire tourner à toute berzingue. Néanmoins Michaël Sanlaville montre, par petites touches, que le commissaire n’est pas qu’un bourrin. Comme quand il prélève l’eau de la piscine du ministre où l’on a fait la fête la nuit précédent le meurtre de ce pauvre Jean-Yves Katkarre, retrouvé noyé dans de l’eau douce.

Ajoutez à celà des faux suédois, des soviétiques, des espions américains et une bombe nucléaire. Le lecteur n’a guère le temps de souffler. L’opération Ma Tante, ainsi que l’a baptisée le Vieux, pourrait bien tourner au vinaigre. Il faudra tout le flair et l’initiative du commissaire San-Antonio pour sauver la mise de tout le monde ! Il ne restera plus qu’à lancer La Marseillaise et lui accrocher la Légion d’honneur sur le col !

Bref, ce 2e tome profite des solides fondations posées par Michaël Sanlaville précédemment. L’auteur nous livre une aventure de San-Antonio comme les fans les aiment, à 100 à l’heure ! Alors Si ma tante en avait, elle se jetterait sur cette BD dans la première librairie venue !

SI ma tante en avait, d’après les romans de Frédéric Dard, de Michaël Sanlaville est disponible aux éditions Casterman.