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L’Egarée de Donato Carrisi retrouve la route du Chuchoteur

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L’Egarée est paru le 3 octobre dernier. Et le nouveau roman de Donato Carrisi après Tenebra Roma l’an dernier était très attendu. En effet il s’agit d’un nouvel opus de la série de Le Chuchoteur qui fait suite à L’Ecorchée paru en 2014. Quatre ans après, l’attente des lecteurs était donc énorme.

Mais fidèle à ses habitudes Carrisi nous prend une fois encore à contrepied. Dès les premières pages on a l’impression que l’on est dans une histoire différente. Enfin, différente mais tout de même très ressemblante à ce que l’on connaît.

Samantha Andretti est une ado comme les autres avec une vie comme celle de ses camarades de classe. Sa vie bascule le jour où l’un de ses camarades de classe, Tony, lui fait savoir par l’intermédiaire d’une amie qu’il voudrait bien un rendez-vous pour lui parler.

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Samantha est en émoi évidemment. L’amour viendrait-il frapper à sa porte alors qu’elle ne se trouve pas si jolie que ça. Elle est si chamboulée par ce futur rendez-vous avec Tony qu’elle devient inattentive à ce qui se passe autour d’elle. Tant et si bien qu’un homme à la tête de lapin la kidnappe.

Le ton est donné. Donato Carrisi nous ramène aux opus précédents de la lignée du chuchoteur. Il nous téléporte tout de suite une dizaine d’années plus tard. Samantha, devenue une jeune femme est retrouvée, vivante mais blessée, nue près d’un bois. Sa découverte est un choc car après tant d’années avant tout le monde l’avait oubliée. Sa propre mère est morte et son père parti on ne sait où.

Alors que la police essaie de retrouver son kidnappeur, Carrisi focalise l’avancée du récit via deux autres personnages. D’un côté il y a le docteur Green, profiler en criminologie psyché, qui essaie de découvrir une réponse dans le cerveau de Samantha. De l’autre il y a Bruno Genko, détective privé embauché par les parents de Samantha lors de sa disparition et aujourd’hui malade et au seuil de la mort.

Tout cela est ponctué des pensées de Samantha libérée alors que Green essaie de lui faire révéler des indices. On comprend alors deux choses. Samantha est et restera à jamais une victime. Surtout, pour surmonter la séquestration et la torture que lui a infligé sin tortionnaire, elle a du se murer dans son inconscient. Elle était enfermée dans un labyrinthe et elle a transformé son esprit en labyrinthe. Elle n’en sortira jamais.

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C’est effrayant ! Mais c’est presque plus effrayant encore de se dire qu’un auteur peut imaginer une histoire aussi terrible que celle de Samantha. Je ne suis pas sûr que Donato Carrisi sorte lui même indemne de ce processus d’écriture. En tant que lecteur on souffre, alors en tant qu’auteur cela ne doit pas franchement être une partie de plaisir non plus.

De l’autre côté, on suit Bruno Genko qui reprend l’enquête. Une enquête qui croise le service des Limbes, mais pas de Mila Vazquez. Il est seulement vaguement évoqué qu’elle a disparu depuis plusieurs mois. Un de ses collègues s’inquiète un peu, mais se dit qu’elle donnera de ses nouvelles quand elle en aura envie. Il ne lui est sûrement rien arrivé de grave.

Genko mène une enquête minutieuse. Paradoxal alors qu’à l’époque tout ce qu’il avait fait, c’était prendre l’argent des parents de Samantha. Mais aujourd’hui il est mourant et cette enquête est un peu la dernière bonne action qu’il puisse faire. Ses découvertes vont nous ramener vers Le Chuchoteur. Ou du moins vers les origines de celui-ci.

Ce que l’on découvre alors est glaçant. Il donne la mesure du sombre univers criminel que je mets au défi n’importe quel lecteur de Carrisi d’avoir soupçonner jusqu’à présent. Après trois romans, c’est juste un coin du tapis qui a été soulevé et je serai surpris que l’auteur ne parvienne jamais à nous en faire découvrir la globalité…