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Promenons-nous dans ce bois, une balade macabre dans le passé

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Paru il y a quelques jours chez Calmann-LévyPromenons-nous dans ce bois est le nouveau roman de Nele Neuhaus traduit en français et le 8e aventure des officiers de la K11 Oliver Bodenstein et Pia Sander. Mais cette enquête ne va ressembler à aucune autre.

Promenons-nous dans ce bois se déroule bien sûr dans la région montagneuse du Taunus où vit Nele Neuhaus. La forêt prédomine cette région. Et dans la pénombre d’une nuit, ce roman commence dans un camping quand un incendie se déclare dans un mobile-home. Un homme est retrouvé mort à l’intérieur. Mais un coup porté à la tête de la victime et le mobile-home fermé de l’extérieur ne laisse aucun doute, c’est un meurtre. L’enquête commence donc.

Nele Neuhaus empile les cadavres dans Promenons-nous dans ce bois

Elle commence sur un choc pour Bodenstein parce que le crime s’est produit dans le village où il a passé son enfance et où il vit. Et il connaît la victime. Ils étaient dans la même bande d’écoliers quand ils étaient jeunes. Dès ce moment, Bodenstein est mal à l’aise. A cela s’ajoute le fait qu’il va prendre dans quelques semaines une année sabbatique et laisser sa place à la K11. Cette dernière enquête s’annonce donc difficile pour lui.

Elle l’est d’autant plus que rapidement, Nele Neuhaus empile les cadavres. La mère de la première victime, qui avait plus de 80 ans, est tuée dans sa maison de retraite. Puis, c’est un troisième cadavre qui est retrouvé par les enquêteurs. Toutes les victimes sont des habitants du village. Bodenstein et Sander doivent se faire une raison, le meurtrier est un habitant. Mais Bodenstein est rapidement convaincu que ces meurtres sont liés à des événements qui ont eu lieu plus de 40 ans auparavant.

C’est là le tour de force de Nele Neuhaus. Alors que l’enquête nous ramène à l’été 1972, lorsque le meilleur ami de Bodenstein, Artur, a disparu sans laisser de traces, elle nous éclaire de manière inattendu sur Olivier. Artur était son meilleur ami. Sa disparition et celle de son renard apprivoisé Maxi, le même jour, a été un traumatisme d’enfance pour lui. Et au fil des pages, on comprend avec Bodenstein qu’il n’est toujours pas passé par dessus ce traumatisme.

Promenons-nous dans ce bois et dans le passé sombre d’un village

L’autre réussite de Promenons-nous dans ce bois, c’est la manière dont Nele Neuhaus décrit les relations entre les habitants du village. Les amitiés, les petites anicroches et les vieilles rancœurs sont légion lorsqu’on a passé toute sa vie au même endroit. Ce roman est tout autant un policier qu’un thriller psychologique. Les personnages se regardent en chien de faïence, croient savoir des choses, mais surtout n’en parlent pas.

L’intrigue avance avec le non-dit, le suggéré. Entre les mensonges et les secrets, il y a tant de choses à cacher. Tout le monde est suspect, mais pourtant tout le monde a l’air innocent. Comment une personne que l’on connaît depuis toujours, avec ses qualités et ses défauts, pourraient-il être prêt à assassiner trois personnes ? Impensable évidemment. C’est pourtant la triste réalité.

Afin d’ajouter une troisième dimension à l’affaire, outre le secret d’il y a 40 ans à dévoiler, les tribulations personnelles de Bodenstein, Nele Neuhaus ajoute une intrigue supplémentaire avec la cavale d’un junkie du village qui aurait été témoin du premier meurtre. A coup sûr l’assassin va vouloir se débarrasser de lui. La police doit donc le retrouver pour le protéger. Mais comme ce junkie est aussi le fils d’un des anciens camarades de Bodenstein… allez savoir !

Bref, c’est un véritable puzzle qu’on découvre au fil des pages. Et loin de s’éclaircir, l’intrigue a tendance à s’épaissir jusqu’au dénouement finale. Cette 8e aventure de Bodenstein et Sander est vraiment la 8e merveille de Nele Neuhaus, une pleine réussite !

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