L’Élégance des veuves, d’Alice Ferney

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Ce court roman d’Alice Ferney, L’élégance des veuves a été adapté au cinéma en septembre 2016. Sous le titre Éternité par Tran Anh Hung. Je n’ai jamais vu le film mais c’est suite à sa sortie que j’ai découvert ce roman et en ai fait l’acquisition.

Résumé :

Au rythme des faire-part de naissance et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès. Le cycle ne s’arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C’est avec l’élégance du renon-cement que l’on transmet ici, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le recommencement.

Un petit roman qui me laisse un goût amer

J’avoue que lire ce roman, même très court, fut difficile. Pour plusieurs aspects, les sujets abordés, l’omniprésence du tragique dans chacune des phrases. Bien sûr le titre L’élégance des veuves est un indice à cette présence tragique, mais c’est un réel enchaînement sur moins de 150 pages.

Un roman qui prend place au début du 20ème siècle. On suit principalement trois femmes marquées par cette époque : Valentine, Mathilde et Gabrielle. Et bien sûr leur multitude d’enfants. Valentine s’est marié par amour avec Jules tout comme son fils et Mathilde. Alors que Gabrielle a connu un mariage de raison avec Charles. Mais elles ont toutes les trois aimé leurs maris avec la même passion.

La première chose qui m’a dérangé c’est l’omniprésence de la maternité. Les femmes ne se définissent que par leur capacité à enfanter. Je ne m’attendais pas à ce que ce sujet soit aussi prégnant et efface presque tout le reste.

Le deuil est également un sujet omniprésent dans le récit. Le deuil d’un enfant, d’un mari ou d’une amie. Même quand il n’est pas vécu, il est imaginé comme dans le passage où Gabrielle s’imagine ne pas survivre si un de ses enfants ou son mari devait mourir un jour :

“A cause de cela il n’est rien que je déteste davantage que la fin des choses. Son idée même. […] Parfois je n’ai pas devant moi des personnes mais les défunts qu’ils feront, couchés dans leur cercueil, le visage clos, inaccessible. […] Je crois que je serai détruite par le premier que j’aime qui mourra.”

Mais une belle écriture d’Alice Ferney

Alice Ferney a écrit un roman très ancrée dans une époque et c’est là que se trouve son talent d’écriture. Même si c’est un point de vue qui m’a dérangé, j’ai admiré le style de l’auteur. Il y a une latence dans son récit mais de nombreuses choses sont pourtant en jeu.

C’est uniquement descriptif, les personnages nous apparaissent comme de loin, nous ne connaissons pas le son de leur voix. Cela n’empêche en rien de les ressentir et de voir très clairement chacun des épisodes de leur vie.

L’Élégance des veuves, d’Alice Ferney
aux éditions Babel (sorti en août 2016) Première édition en 1995
Genre : contemporain
125 pages