Une adaptation décevante de La Tour Sombre

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Je me faisais une joie d’aller voir ce film et force est de constater que nous n’avons eu droit qu’à une adaptation décevante de La Tour Sombre. Les diverses bandes annonces laissaient pourtant présager d’un bon film.

Ou alors c’est la présence à l’écran d’Idris Elba et de Matthew McConaughey qui était trop attirante. Au final, ce sont les deux acteurs qui offrent les seuls points positifs du film. Idris Elba est fait pour incarner des héros taciturnes comme le pistolero. Quant à McConaughey, il a l’air d’avoir pris du plaisir à incarner l’homme en noir.

Une adaptation décevante de La Tour Sombre car l’œuvre n’a pas été comprise

Mais il n’empêche qu’en sortant de la salle, malgré les deux acteurs, cela reste une adaptation décevante de La Tour Sombre. La déception aurait cependant pu être prévisible, mais j’avoue que je ne m’étais pas franchement penché sur le film avant d’aller au cinéma.

Le premier indice c’est que le film raconte toute l’histoire de La Tour Sombre et pas juste le premier volume concernant le pistolero. Enfin quand je dis toute l’histoire, il s’agit seulement de quelques éléments concentrés dans 1h36 de film.

Déjà rien que ça, vous savez que le film ne peut être que raté. La Tour Sombre, c’est pour Stephen King ce que Le Seigneur des Anneaux représente pour J.R.R. Tolkien. Résumer cela en un seul film d’1h36 ce n’est pas juste un échec, c’est pire. C’est la preuve que l’œuvre de King n’a pas été comprise.

Comme Peter Jackson il fallait voir grand. Car voir grand, c’était déjà se diriger vers des raccourcis qui seraient discutés en long en large et en travers par les fans. Alors faire un film d’1h36… Un peu comme si à la fin de La Communauté de l’Anneau, au lieu de voir Boromir mourir vous voyiez l’anneau unique repris une dernière fois par Gollum.

Il manque un souffle épique !

La Tour Sombre est une œuvre épique. Et pour faire de l’épique il faut prendre son temps. Pourtant dans le film, lors des scènes se déroulant à New York, on passe devant un cinéma qui a à son programme une thématique western spaghetti. Le maître du genre, Sergio Leone, savait que pour créer de l’épique il fallait prendre son temps. Ce n’est pas pour rien que Le Bon, la Brute et le Truand dure 2h41.

C’est un film avec une ambiance comme celle-ci que j’attendais. Après tout, dans Le Pistolero que fait Roland a part marcher dans le désert et se parler à lui même. Au lieu de ça, tout commence par Jake et quand celui-ci se retrouve dans l’entre-deux mondes, il ne lui faut que 5 minutes pour trouver Roland. Et au bout de 5 minutes, on sait qu’il apprécie le gosse.

Autant pour le développement du personnage. Ce n’est pas un maigre flashback de Roland avec son père qui nous donne l’ampleur de sa quête pour trouver l’homme en noir. Comment comprendre la solitude qui pèse sur ses épaules et le poids de sa responsabilité puisqu’il est le dernier protecteur de La Tour Sombre.

Au lieu de ça, tout ce qu’on a c’est un mec qui sait recharger ses pistolets de manière ultra-rapide. Ce ne sont pas ces moments à la Legolas qui donnent de la profondeur au pistolero. Pour ceux qui ont lu le livre, ils le décrédibilisent plutôt.

Un traitement façon blockbuster qui donne une adaptation décevante de La Tour Sombre

Nikolaj Arcel a réalisé un film trop formaté. A sa décharge il s’agissait de son premier film produit par un grand studio. Peut-être n’a-t-il pas eu assez de poids pour imposer les choix qu’il fallait. Mais avec un tel scénario, c’était de toute façon difficile.

Avec sa durée d’1h36, le film rentre dans le traditionnel format blockbuster de l’été. Un format encore respecté en faisant de Jake le personnage central du film. Il faut que le jeune public puisse s’identifier. Mais ce qui est le moteur du film, c’est bien l’affrontement entre Roland et l’homme en noir. Encore une erreur !

Pourtant Matthew McConaughey semble s’éclater dans ce rôle. Même si bien souvent il semble crédité de pouvoirs dont la seule utilité doit être d’affronter Roland à la fin du film. L’homme au noir n’est pourtant qu’un cerveau maléfique. Il est le Sauron qu’il faut détruire. Il y avait pourtant là matière à donner de la consistance au film.

Surtout, jamais on ne perçoit l’enjeu de sauver La Tour Sombre. Ce qui est quand même le point fort de cette histoire, c’est que le monde est menacé par les ténèbres. Aux frontières de l’univers connu, des créatures bien plus inquiétantes que Pennywise rôdent. On ne le ressent absolument pas dans le film.

Même le final est raté

Bref, de ce côté là non plus, il n’y a rien qui sauve le film. Tout le long-métrage est donc une adaptation décevante de La Tour Sombre. L’histoire n’y est pas et les personnages n’y sont plus.

Quant à la mise en scène, elle ressemble trop à celle de n’importe quel film d’action de l’été. Celle où tout doit déboucher sur l’affrontement final entre le bon et le méchant. Rien n’est jamais aussi manichéen dans une œuvre de Stephen King.

En plus ce final n’a franchement rien d’exceptionnel et n’apparaît pas comme le paroxysme d’une histoire où il s’agit de sauver le monde. Là c’est juste le bon et le méchant qui s’affrontent. Bref, circulez, y’a rien à voir !

REVIEW OVERVIEW
Acteurs
Histoire
Mise en scène
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